Université de Recherche Intensive - Pas en notre nom !


 (Mise en ligne le 3 juin 2019 - 577 signataires le 18 juillet 2019 à 14h00 - Voir la liste des signataires mise à jour quotidiennement)

Information : ce texte est proposé à la signature de l'ensemble des personnels, étudiants et autres électeurs de LYON 1, LYON 3, Saint-Etienne, INSA et ENS de Lyon (le formulaire est en fin de page). Les personnels chercheurs et ITA des organismes sont invités à signer en précisant dans quel établissement parmi les cinq ils exercent leur droit de suffrage. N'oubliez pas de valider la signature via l'e-mail reçu à l'issu de la soumission.

Vous pouvez contacter les coordonateurs de cette action : pasenmonnom.coord@gmail.com


 

Le 28 mai 2019, les présidents des cinq établissements concernés par le projet d’université de recherche intensive sur le site de Lyon et Saint-Étienne ont rendu public leur projet de fusion, basé sur une prétendue « ambition partagée » de la communauté universitaire. Après des mois de huis-clos et d’informations contradictoires, plaçant les acteurs au pied du mur, ce projet se révèle être tout le contraire de ce qu’il annonce : une désorganisation dangereuse de nos structures et de nos missions, une rupture des ascenseurs sociaux et la fin de la démocratie universitaire. Et finalement une ré-orientation profonde du modèle universitaire français - tout cela sans aucun débat public.

Les ambitions annoncées au jury international de l’IDEX, à l’automne 2017, ont fait long feu. Un rassemblement des onze établissements publics du site, des modèles innovants de collaboration entre universités et écoles, un suivi renforcé et la réussite des étudiants dès la licence ; des défis « sociétaux » abordés de façon pluridisciplinaire, un soutien accru au tissu socio-économique local… 
Plusieurs d’entre nous étaient sceptiques quant aux actes qui seraient mis en face de ces grands objectifs - et le jury lui-même a prudemment placé un jalon exceptionnel au bout de deux ans. Malheureusement, force est de constater que le projet présenté aujourd’hui est non seulement dépourvu d’ambition, mais, et c’est plus grave, qu’il impose des orientations nouvelles, durables et non partagées à nos missions de service public.

Ce qu’il reste de l’ambition de l’IDEX se réduit à une série de paradoxes, entre les objectifs annoncés en préambule et les orientations qui sont prises.

  • On annonce la réussite des étudiants en licence tout en construisant une « école universitaire de premier cycle » transversale et modulaire dépourvue d’enseignants, coupée des laboratoires, séparée des masters. Et ce qui était déjà une mauvaise idée au départ est mis en place de façon totalement arbitraire, et ne concernera pas les premiers cycles de l’INSA, les DUT, la PACES, le droit…
  • On proclame l'hybridation « écoles - universités » tout en se figeant à court terme dans bien des points sur le modèle des écoles faisant ainsi disparaître le modèle universitaire. L'asymétrie prévaut aussi sur le long terme puisqu'il n'est aucunement question pour les écoles de perdre leur Personnalité Morale et Juridique (PMJ), tout comme dans la gouvernance avec la décision plus que symbolique de confier la direction des pôles Ingénierie et S&H respectivement aux directeurs de l'INSA et de l'ENS.
  • On affiche un projet partagé par la communauté alors que les instances actuelles des établissements ont jusqu'ici été largement contournées et que la gouvernance proposée est pyramidale, le système de nomination prenant le pas sur les élections, et que la présence de membres extérieurs dans les différents Conseils est démultipliée. 
  • Un “nouveau pacte social” est annoncé alors qu’aucune expertise, pilotée par les CHSCT, n'a permis d’anticiper les conséquences des transformations pour les personnels. Il est en particulier évident qu’il sera nécessaire de procéder à de nombreuses mobilités subies. Les garanties sur les conditions de travail (rémunérations, primes, temps de travail,…) se résument à de vagues promesses soumises à des conditions budgétaires. 
  • Enfin, on se dit en mesure d'affronter des défis majeurs de ce siècle tout en cloisonnant le projet par Pôles définis sur le type de diplôme, développant chacun sa marque propre, en situation de compétition pour attirer les moyens et sans aucune cohérence scientifique : la physique et la chimie sont coupées de l’ingénierie, l’informatique est dispersée et séparée des mathématiques, la biologie éloignée des sciences… Sans oublier l’absence dans le projet de l’université LYON 2, acteur majeur des humanités et sociétés, ce qui appauvrit et déséquilibre considérablement le projet initial.

Finalement, nous retenons que les « principes incontournables » qui avaient été affichés à l’automne 2017 par les porteurs de projet, largement critiqués et soi-disant mis de côté, semblent être les seuls points de cohérence retenus : la concurrence internationale, la sélection et « l’excellence » dont il suffit d’écrire qu’elles irrigueront les familles et les entreprises de notre Région.

Nous, signataires, ne croyons pas au ruissellement naturel ; nous pensons que le modèle universitaire doit maintenir sa diversité, de façon volontariste. Si les filières sélectives et les grandes écoles ont leur raison d’être et leur place dans le paysage français, elles ne doivent pas devenir la finalité et s’imposer comme le modèle unique, au risque d’ailleurs de se perdre elles-mêmes dans un système illisible. Nous alertons sur le dérapage du projet Université de Lyon qui confond les indicateurs et les objectifs, qui place les classements internationaux avant les missions de service public français financées par l’impôt. Nous sommes convaincus que ce projet concentrera les moyens vers des finalités qui ne sont pas au service du plus grand nombre, et que les grands perdants seront les jeunes de notre territoire.

Pour toutes ces raisons, nous, personnels, étudiants et autres électeurs des cinq établissements concernés, déclarons que ce projet n’est pas le nôtre. Nous demandons aux chefs d'établissement d'organiser au plus vite une consultation large, et de stopper le projet si la communauté s'exprime dans ce sens. En l'absence de consultation, nous ferons entendre notre voix par d'autres moyens et agirons pour défendre la qualité et la diversité de l'enseignement supérieur et de la recherche sur le site de Lyon - Saint Etienne.

 
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