Signature : " Notre action "caritative" est "revendicative" "

 

Vendredi 1er mai vers 13h30 à Montreuil, des membres de la Brigade de la solidarité populaire (BSP) ont été nassés par la police alors qu’ils avaient pendant une heure trente distribué gratuitement des fruits et légumes récupérés à Rungis à une centaine de personnes. Ils ont été verbalisés ainsi que des personnes venues récupérer des fruits et légumes. Les BSP, c’est plus de 650 volontaires répartis sur 19 sections localisées en Île de France, à Genève et Liège distribuant chaque jour des repas, des colis de matériel sanitaire, des masques, des gants, des blouses, du gel hydroalcoolique à des structures hospitalières et à des travailleurs non protégés. Des centaines de maraudes, de colis alimentaires pour les personnes isolées et précarisées.

 

Si nous ne sommes pas en accord avec toutes les actions ou modes d’action de la mouvance libertaire, autonome et antifa dont Les BSP sont en partie issue, nous savons qu’à Montreuil, la Fraternité de la Mission populaire évangélique « La Maison Ouvert » et d’autres associations travaillent avec certain.e.s de ses membres, partagent avec eux les valeurs de solidarité, d’auto-organisation et d’autogestion.

 

Nous sommes scandalisé.e.s par cette verbalisation et encore davantage par son motif : « action revendicative ». Une telle verbalisation, a fortiori un 1er mai, sous couvert de l’application des dispositions sanitaires nécessaires (que respectaient les distributeurs des BSP), dans une ville de Montreuil ce jour-là quadrillée par la police de manière disproportionnée, est bien une violation des libertés fondamentales : c’est un signe inquiétant quant à l’usage liberticide de l’état d’urgence sanitaire.

 

Nous tenons à affirmer qu’il n’y a pas de sens à séparer d’un côté la « gentille » action caritative et de l’autre la « méchante » action revendicative. Notre action concrète – ou celles des associations que nous soutenons – avec et pour les migrant.e.s, les milieux populaires, les personnes à la rue, les plus âgé.e.s, les enfants et les adolescent.e.s etc. a pour objectif que la justice remplace l’oppression, l’équité remplace l’exploitation, le partage remplace le pillage, la dignité remplace le mépris. Elle est sociale, spirituelle. Et aussi politique et revendicative.

 

Dans de nombreux quartiers et villes populaires - a fortiori dans les bidonvilles roms, les foyers de travailleurs étrangers, les lieux d'hébergements des demandeurs d’asile - nous ne pouvons que constater avec tristesse, voire colère, que l’État s’est surtout manifesté pendant cette crise du covid-19 par sa présence policière et très insuffisamment pour apporter la solidarité nationale qui aurait été nécessaire. Les associations et les citoyen.ne.s auto-organisés ont bien souvent été obligés de suppléer à cette absence.

 

Nous demandons au Ministre de l’intérieur d’apporter des garanties quant au respect de ces actions de solidarité – le 10 avril, c’est le collectif El Mamba de soutien aux sans-papiers qui à Marseille avait été victime de verbalisations pour une distribution de nourriture - et au respect des libertés publiques, demandons l’annulation de toutes les amendes données lors de la distribution du 1er mai et affirmons notre solidarité avec les BSP. Le monde d’après ne doit pas être un retour à l’anormal du monde d’avant et certainement pas en pire. Nous aspirons à ce qu’il soit un autre monde, de justice, de paix et d’amour. Et invitons à l’action de toutes et tous en ce sens.

 
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