Pour une déclaration de l'état d'urgence climatique au niveau local

Lettre ouverte à Messieurs les Présidents des communautés de communes de la presqu'île : 

Monsieur David Samzun pour la Carène 

Monsieur Yves Métaireau pour Cap Atlantique 

Saint Nazaire, le 12 septembre 2019 

 

Monsieur le Président, 

Nous sommes citoyen.n.es de la presqu'île, et nous avons été des milliers à nous rassembler et marcher à Saint-Nazaire pour faire entendre notre inquiétude quant à la dramatique amplification des dérèglements climatiques et face à l’inertie fautive de l’Etat qui a conduit à l’action en justice « l’affaire du siècle ». 

Le récent rapport du GIEC alerte les dirigeants du monde sur la nécessité de contenir à 1.5° la hausse des températures pour éviter des bouleversements irréversibles pour notre planète. 

Le rapport de l'IPBES publié début mai annonce la disparition d’un million d’espèces animales et végétales.

Dès  aujourd’hui,  des  bouleversements  irréversibles  menacent  les  conditions  d’existence  de l'humain comme de tout le vivant.

Le  changement  climatique  est  reconnu  comme  un  amplificateur  de  menaces  à  la  paix  et  à  la sécurité  par  le  Conseil  de  sécurité  de  l'ONU.  Malgré  les  périls  identifiés  (effondrement économique, crises démocratiques, aggravation des injustices sociales, pénuries d'eau, famines, exils  de  populations,  crises  de  santé  publique…),  les  pouvoirs  politiques  et  les  puissances économiques restent majoritairement aveugles et inactifs.

Les déclarations d'intention et les plans stratégiques à 5, 10 ou 30 ans ne suffisent plus face à ces défis d'une ampleur sans précédent pour l'humanité.

Nous devons stopper l’érosion de la biodiversité, mettre un terme à l’emballement de l’économie actuelle et des aménagements du territoire qui compromettent l’avenir de notre civilisation et du vivant. 

Nous savons que les efforts à consentir dans nos vies quotidiennes vont être importants, nous nous y préparons et travaillons à y sensibiliser nos concitoyens. 

Mais comment bouleverser nos habitudes si le « système », lui, ne change pas ? 

Il est grand temps de placer le climat et la biodiversité au centre de toutes les décisions car nous faisons face à une situation mettant en jeu la survie de l'humanité. 

Nous vous demandons donc  de déclarer l'état d'urgence climatique au niveau local en adoptant 

sans délai les mesures suivantes :

1) En votre qualité de Maire de Saint-Nazaire/La Baule, faire voter un vœu au prochain Conseil Municipal pour demander à l’Etat Français de déclarer l’état d’urgence écologique et climatique, 

2) Prendre les devants sur notre territoire en déclarant l'état d'urgence climatique sur la commune de  Saint  Nazaire/La  Baule,  et  porter  le  vote  au  conseil  communautaire  de  la  CARENE/Cap Atlantique.

3)  Informer  de  manière  visible  et  honnête  tou·te·s  les  citoyen·ne·s  sur  la  situation  climatique  et environnementale ;

4) Intégrer l'urgence climatique et environnementale dans toutes les politiques publiques :

- Construire et mettre en œuvre un plan de « trajectoire 1,5°C »* visant notamment la neutralité carbone et la restauration de la biodiversité sur notre territoire, pour les projets en cours et à venir ;

- Mettre en place un processus systématique d’études d’impact climatique de ces projets et rendre ces études publiques avant de prendre les décisions ;

5) Intégrer directement les citoyen·ne·s dans ces décisions :

- Créer un conseil citoyen indépendant chargé de veiller au suivi de ce plan dans l'ensemble des politiques publiques et de définir des scénarios et des indicateurs pour chaque étude d'impact climatique et environnemental ;

- Tirer au sort les membres de ce conseil citoyen parmi des volontaires ;

- Fournir les moyens nécessaires à la consultation d'expert.e.s et à la facilitation du processus démocratique ;

6)  Défendre  cet  engagement  dans  chaque  projet  qui  le  concerne,  au  niveau  départemental, régional, national et international ;

7) Sans délai :

- Appliquer la gratuité des transports en communs 

- Instaurer 2 à 3 repas végétariens par semaine dans les cantines

- Acter le zéro artificialisation des terres.

Selon le GIEC, 50 à 70 % des leviers d'actions pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre se  situent  au  niveau  local**.  Saint-Nazaire  et  La  Carène  /La  Baule  et  Cap  Atlantique  doivent s'engager aux côtés des citoyen·ne·s afin d'assurer des conditions de vie dignes pour tou·te·s et devenir un territoire résilient, apte à concilier justice sociale et justice climatique.

Dans l'attente, veuillez agréer, Monsieur le Président, nos salutations respectueuses. 

Le Collectif Climat Presqu'île

Youth For Climate Saint-Nazaire 

 

 

* Sans recours à la géo-ingénierie et aux technologies de capture et de stockage du carbone.

** « 50 à 70% des mesures d’atténuation et d’adaptation ont vocation à être mises en œuvre à 

l’échelon infranational » > cf : 5e rapport du GIEC.

 
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