Chères festivalières, chers festivaliers,
Nous avons été invité·es à participer aux États généraux du film documentaire de l’édition 2026 en tant que partenaires, cinéastes, programmateur·ices, sélectionneur·ses, chercheur·ses. Nous sommes heureux·ses de contribuer à ce festival, dont l’engagement, l’exigence de pensée, le sens critique forcent le respect et la reconnaissance.
Ce festival nous aide à réfléchir, à penser le monde et le cinéma, à trouver des moyens de résister aux violences réactionnaires. Face au génocide en cours à Gaza, perpétré par l’État d’Israël, à la colonisation qui s’intensifie en Cisjordanie, au Liban, en Syrie, à l’agression meurtrière sur l’Iran, à la complicité des pays du Nord, à la criminalisation en France des défenseur·ses de la lutte palestinienne, nous avons décidé, en tant qu’acteur.rices du champ culturel européen, que la part que nous pouvions prendre était de refuser toute complicité et toute normalisation avec l’État d’Israël. C’est pour cette raison que nous sommes engagé·es dans la promotion du boycott culturel.
Nous nous saisissons donc de notre présence collective ici à Lussas pour continuer de porter à la connaissance de chacun.e d’entre nous le combat en faveur du boycott culturel. Des polémiques récentes ont encore montré à quel point cette stratégie de lutte est attaquée, assimilée à une action violente et à de la censure. Mais la censure est un mécanisme de répression, exercé par les Etats. Le boycott culturel est, lui, un choix politico-social, collectif et émancipateur. Il ne consiste pas à confisquer la parole de quiconque, il est une arme non violente de résistance à la complicité et à la normalisation. Il répond à l’appel, lancé en 2005, par la société civile palestinienne. C’est elle qui nous demande, à nous qui vivons et travaillons dans les pays du Nord, de lutter contre l’asymétrie induite par l’ordre colonial jusque dans le champ culturel. C’est encore la société civile palestinienne qui invite les institutions culturelles internationales à prendre conscience des conditions de visibilisation qu’elles produisent. Et si ce qui est produit est une scène qui masque le caractère colonial et génocidaire d’Israël pour en faire apparaître, à l’inverse une image respectable, démocratique, libérale, alors le boycott culturel s’impose.
L’État d’Israël mène activement une campagne de propagande politique pour présenter au monde une image respectable, le « Brand Israël », qui mobilise la culture comme outil de communication. Il est allé jusqu’à créer un ministère des affaires stratégiques, puis un ministère des affaires de la diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme, pour lutter contre le boycott. C’est bien la preuve que le boycott est une arme puissante et efficace. Mais pour être une arme puissante, le boycott doit être assumé collectivement. Il ne suffit pas de boycotter sans le dire, il faut l’assumer publiquement. Là est notre pouvoir d’action.
Tout au long du festival, au cours des séances de projections, des discussions, des séminaires, nous répéterons donc l’importance de cette lutte. De nombreux festivals et institutions culturelles majeures ont rejoint cet appel au Royaume-Uni, en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne. En France, des collectifs se mobilisent depuis presque trois ans pour porter cette exigence dans une campagne intitulée “Pas de cinéma sans boycott” mais les acteurs institués ne se décident pas à prendre position publiquement. Alors si vous souhaitez joindre votre voix à la nôtre pour inviter les États généraux du film documentaire à initier la construction, avec l’ensemble de ses homologues festivals ailleurs en France, d’un front antifasciste et anticolonial d’adhésion au boycott culturel, et répondre, ainsi, à l’appel des Palestinien.nes du PACBI (Palestinian Academic and Cultural Boycott of Israël).
→ Rejoignez l’appel : signez ci-dessous.
→ La liste des signataires
- Lara Abdessalem, agent
- Maya Abdul-Malak, programmatrice de la section Expériences du regard
- Maher Abi Samra, intervenant au séminaire « Une terre de soleil, / De soleil resplendissant »
- Felix Albert, chef opérateur
- Basma al-Sharif, cinéaste
- Marwa Arsanios, artiste, cinéaste, chercheuse
- Laura Auriole, chercheuse
- Sylvain Baldus, Tënk
- Michele Bardout, retraitée
- Élodie Beaumont Tarillon, cinéaste
- Sajoua Bentayeb, citoyenne
- Yasmine Berrabah, cheffe de projet
- Emma Boccanfuso, cinéaste
- Morgane Boëdec, assistante administrative
- Sophie Boudieux, musicienne
- Melvil Bouleau, stagiaire en cinéma documentaire
- Virgile Brunet, critique
- Sophie Cachera, réalisatrice / chercheuse
- Felipe Casanova, cinéaste
- Clizia Centorrino, cinéaste
- Jérémie Chambon, éducateur spécialisé
- Gaelle Cenzi, projectionniste
- Youssef Chebbi, cinéaste
- Tahar Chikhaoui, critique et programmateur de Route du documentaire : Tunisie
- Camille Costantini, étudiante en cinéma
- Iness Dahmane, étudiante chercheuse
- Nicolas Défossé, réalisateur
- Josephine Devaud, indépendante
- Lara Dirani, artiste
- Sophie Divry, écrivaine
- Raphaèle Dumas, productrice
- Séverine Enjolras, anthropologue et cinéaste, membre du festival « Changer la fin » à Tulle
- Marion Esnault, réalisatrice
- Antoine Farcis-Morgat, architecte-cinéaste
- Hassen Ferhani, cinéaste
- Emmanuel Fraisse, cinéaste, étalonneur
- Sébastien Gervais, enseignant
- Sylvain George, cinéaste
- Maxime Godin, étudiant
- Raphael Grisey, cinéaste, artiste chercheur
- Sophie Gross, traductrice
- Léo Guthmann, festival de cinéma
- Wiame Haddad, cinéaste
- Maxime Haudebourg, retraité
- Rose Hirgorom, cinéaste
- Bertille Hyvon, étudiante en cinéma documentaire
- Sandra Iché, programmatrice de la section Expériences du regard
- Ismaël, cinéaste
- Yasmina Jaafri, cheffe monteuse
- Pierre Jacot-Descombes, spectateur
- Dhia Jerbi, producteur et réalisateur
- Sacha Jones-Gorlin, lycéen
- Ariadna Jove Marti, enseignante
- Samah Karaki, intervenante des séances Palestine-Liban
- Walid Kairouz, cinéaste
- Sonia Kerfa, professeure des universités
- Zineb Kharroubi, distributrice-vendeuse internationale
- Sati KIKUTU-GRERN, graphiste
- Elsa Kostic, curatrice
- Occitane Lacurie, programmatrice de l’Exercice critique
- Mathilde Larroche-Michel, monteuse image
- Marion Lary, cinéaste
- Romain Lefebvre, critique
- Ahmat Mahamat, réalisateur
- Eliott Martin, chef opérateur
- Pina Marinho, architecte, artiste et chercheuse
- Ricardo Matos Cabo, programmateur des Cahiers de Sanrizuka
- Salomé Moindjie-Gallet, cinéaste
- Léa Morelli, directrice de la photo
- Léa Morin, programmatrice et chercheuse
- Sawsan Noweir, bénévole humanitaire
- Rawan Odeh, festival Ciné-Palestine
- Maria do Carmo Piçarra, intervenante au séminaire « Une terre de soleil, / De soleil resplendissant »
- Theo Panagopoulos, cinéaste
- Paloma Polo, cinéaste
- Pauline Penichout, cinéaste et cheffe opératrice
- Jean-Claude Perron, auteur, réalisateur, enseignant, membre de l'équipe fondatrice des États généraux du documentaire
- Lucien Perrin, Éditions Amsterdam
- Line Peyron, responsable production et co-directrice artistique de Tënk
- Théo Petrignet, cinéaste
- Alexandra Pianelli, réalisatrice
- Paola Piscitelli, cinéaste
- Anaïs Pitkevicht, programmatrice festival SARD
- Jean-Baptiste Poeuf, graphiste
- Beatriz Rodovalho, intervenante au séminaire « Une terre de soleil, / De soleil resplendissant »
- Mohamed Rachdi, cinéaste, artiste visuel
- Marine Relinger, dramaturge et cinéaste
- Serge Renko, comédien
- Mohamed Rochdi Sifaoui, directeur général de Tënk
- Anna Roussillon, cinéaste et monteuse
- Lise Roure, responsable d'un fonds d'aide à la création
- Solène Rousselot, stagiaire en documentaire
- Ghassan Salhab, cinéaste
- Tarek Sami, réalisateur
- Aymeric Sauvé, charpentier
- Raquel Schefer, programmatrice du séminaire « Une terre de soleil, / De soleil resplendissant »
- Victorine Seitz, enseignante
- Ala Eddine Slim, cinéaste
- Sarah Srage, cinéaste
- Moncef Taleb, cinéaste
- Philippe Tancelin, poète-philosophe
- Marwa Tiba, réalisatrice
- Ridha Tlili, cinéaste
- Nadia Touijer, réalisatrice, monteuse
- Gilles Trinques, cinéaste
- Thomas Ubrich, sociologue
- Philippe Van Cutsem, cinéaste et enseignant
- Magalie Vaz, graphiste, étudiante en cinéma documentaire
- Serge Vincent, retraité
- Giorgia Villa, monteuse
- Olga Widmer, cheffe opératrice image
- Maud Wyler, actrice
- Saber Zammouri, cinéaste
- Aleksandre Zharaya, cinéaste
- CNT SO STUCS, syndicat des travailleur.euses unies de la culture et du spectacle
→ Texte complet de l’appel disponible aussi en PDF.