Pour des Sciences Po à la hauteur des enjeux écologiques

 

 La crise sanitaire que nous vivons rappelle la vulnérabilité de notre modèle de civilisation, déjà fragilisé par la crise écologique et sociale. Au vu de l'urgence, les Sciences Po, qui aspirent à former leurs étudiant.e.s aux grands enjeux contemporains, doivent prendre en compte les défis environnementaux, sociaux et démocratiques que pose la crise écologique. Ils ont la responsabilité d’agir, dès aujourd’hui, pour engager, aux côtés d'autres institutions de l’enseignement supérieur, une transition écologique concrète et planifiée.
 
Nous souhaitons répondre à l’appel lancé par les étudiant.e.s de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye pour une convergence des mouvements écologistes dans tous les Sciences Po. Pour se faire, nous avons constitué un collectif composé de l’ensemble des associations écologistes des Sciences Po. De manière concertée, nous avons donc établi une liste de dix propositions pour que les Sciences Po soient enfin à la hauteur des enjeux écologiques.
 
     Pour une gouvernance écologique, inclusive et éthique
     
1. Écrire une Charte contraignante et commune à tous les Sciences Po, faisant des enjeux écologiques et sociaux une de leurs priorités. Conditionnée à la participation de la communauté étudiante, enseignante et des membres du personnel, la rédaction de la Charte doit être précédée de la réalisation du ​« Grand Baromètre » de l’établissement (créé par le collectif ​Pour un réveil écologique​).
2. Rédiger, ou mettre à jour, le ​« Plan Vert ​» (loi Grenelle I, 2009). Celui-ci doit être rédigé ou mis à jour par le Comité mentionné dans la proposition 3, et reprendre les éléments déjà établis par le Référentiel et le Canevas de ​« Plan Vert ​» en​ établissant des objectifs précis. Il doit faire l’objet d’une révision ​régulière, adaptée aux spécificités de chaque campus. 
3. Créer un comité de planification de la transition écologique et sociale, chargé d’élaborer le ​« Plan Vert ​» de l’établissement et de contrôler sa mise en œuvre. Il doit être composé à ⅓ d’étudiant·e·s, ⅓ de membres de l’administration (direction, équipe pédagogique, équipe administrative, membres du personnel) et ⅓ de scientifiques extérieur·e·s à l’établissement
4.Créer dans chaque campus des Sciences Po, selon le mode de gouvernance correspondant, un poste de chargé·e de mission de la transition écologique, aux compétences dé​cisionnaires. Accompagné·e du Comité, iel sera chargé·e de mettre en œuvre le ​« Plan Vert ​» (loi Grenelle 1, 2009) de l’établissement. Membre du Conseil d’Administration, iel veillera à ce que toutes les décisions soient désormais pensées à travers le prisme des enjeux écologiques et sociaux.  
 
     Pour un enseignement et une recherche à la hauteur des enjeux écologiques
     
5. Intégrer les enjeux écologiques et sociaux à tous les enseignements. Il s’agit d’inclure dans les maquettes fondamentales, de manière obligatoire, des enseignements sur les enjeux actuels afin de nous préparer aux défis du XXIème siècle. Nous attendons un corpus sur les limites planétaires et l’écologie scientifique, sur les humanités environnementales, sur l’histoire, l’économie et les pensées écologiques ; avec une attention particulière portée aux problématiques sociales. Il doit être établi sur l’ensemble des années de formation des étudiant·e·s. Ouvrir le champ des projets professionnels en relation avec la transition écologique et sociale aux étudiant·e·s dès la première année.
6. Créer un pôle de recherche liant les sciences sociales et l’écologie. Il doit être commun aux Sciences Po et à des établissements de recherche dans le domaine des sciences de la Terre et du vivant.  
7. Développer des partenariats avec des établissements de l’enseignement professionnel, technologique et d’ingénierie afin d’adopter une approche pluridisciplinaire dans une démarche écologiste et sociale, notamment dans les domaines suivants : rénovation thermique, conservation de la nature, paysages, gestion de l’eau et méthodes de recyclage.
 
     Pour des campus éco-responsables
     
8. Décarboner les activités des Sciences Po, en réalisant notamment dans chaque campus un bilan carbone annuel public qui ne reste pas lettre morte, ainsi qu’une réduction des déplacements obligatoires polluants (mobilité internationale des étudiant·e·s, déplacements obligatoires des salarié·e·s, professeur·e·s et intervenant·e·s).
9. Eco-responsabiliser les campus, en mettant en place des solutions spécifiques à la situation de chacun d’entre eux. Il s’agit, entre autres, d’établir un plan  végétalisation et biodiversité, de réduire les déchets, mais aussi de mettre à disposition des étudiant·e·s une restauration soutenable, éthique et locale en collaboration avec les acteurs concernés.
10. Conditionner les partenariats financiers, logistiques et professionnels à un cahier des charges public établi par le comité de planification de la transition écologique et sociale.
 
Nous demandons la mise au vote d’une déclaration de principes reprenant nos propositions lors du prochain conseil d’administration de nos écoles respectives.
 
Notre collectif s’est rassemblé pour faire résonner la voix de l’écologie dans les Sciences Po, et interpeller nos directions dans une démarche publique et transparente.
Nous espérons ainsi contribuer, comme d’autres étudiant·e·s l’ont fait auparavant, à la mobilisation et à la transformation écologique de l’enseignement supérieur français.
 
Si tu es prêt.e à interpeller et/ou t'engager pour concrétiser ces mesures (et tant d'autres), tu peux signer ici :
 
 
1 Signature de la pétition 2 Terminé

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