Face aux pillards, l'heure des choix

Par sa démission, Jean-Paul Delevoye reconnaît avoir été au service d’intérêts privés : maintenant, c’est toute la réforme des retraites qu’il faut retirer. En baissant nos pensions, en rendant notre avenir et celui de nos enfants toujours plus précaires, la retraite par points est au service du monde de l’assurance et de la finance.

 

Pour enrichir une minorité, ils pillent notre pays.

 

Il ne s’agit pas seulement des retraites. Notre pays est soumis à un pillage en règle. Les entreprises publiques, notre bien commun, sont vendues au plus offrant. L’hôpital public est saccagé, pour que se développe le marché de la santé. L’école publique est délibérément ruinée, pour que se multiplient les écoles privées. L’enseignement supérieur est saboté, la recherche publique dévoyée par les logiques du court terme, réduisant les découvertes utiles pour construire l’avenir.

 

Quand les jeunes manifestent, on leur répond à coup de matraque. Quand ils se battent pour que nous ne détruisions pas leur planète et leur avenir, ils ne récoltent que des sarcasmes. Quand ils protestent contre la précarité qui les empêche d’étudier, on leur promet la précarité jusqu’à la retraite.

 

Le mépris du gouvernement pour la jeunesse est révélateur : c’est l’avenir qu’ils saccagent pour préserver les profits d’une caste de privilégiés.

 

Le gouvernement cherche à nous imposer une réforme des retraites qui devrait s’appliquer à partir de 2025. Mais que restera-t-il de notre pays en 2025 ?

 

Continuer à brader les services publics pour offrir de nouveaux marchés à quelques pillards, c’est sacrifier nos vies.

Comment vieillirons-nous quand l’hôpital public ne sera plus qu’un souvenir ? 

Comment nos enfants grandiront-ils quand l’école publique ne sera plus capable d’assurer ses missions les plus élémentaires faute de moyens, d’une formation ambitieuse et d’un statut protecteur pour ses personnels, d’un cadre national pour ses programmes et ses diplômes ? Qui les formera, qui leur donnera les moyens de prendre les décisions complexes auxquelles ils seront confrontés dans leur travail et leur vie de citoyen ? 

À quels métiers, à quelle vie accèderont-ils après avoir été triés, sélectionnés, exclus, du collège jusqu’à l’université ?

 

Continuer à préserver les profits d’une minorité, c’est s’empêcher de répondre à l’urgence de la crise climatique.Comment ferons-nous face aux évènements climatiques extrêmes qui vont se multiplier ? Aux nouveaux problèmes de santé ? La crise écologique implique aussi des phénomènes migratoires nouveaux, des conflictualités nouvelles. Les défis se multiplient : nous avons besoin de construire des réponses collectives, audacieuses, dans l’intérêt de l’ensemble du peuple français et de l’humanité.

 

Les défis se multiplient : laisser les rênes du pays aux pillards qui nous gouvernent, c’est faire le choix du chaos.

 

Enseignantes et enseignants, chercheuses et chercheurs, nous avons une responsabilité particulière. Aujourd’hui, nous tirons la sonnette d’alarme : nous n’avons plus les moyens de former les générations futures à un haut niveau. Nous ne sommes plus en mesure de donner aux citoyens et aux citoyennes de demain les moyens de résoudre les défis auxquels ils seront confrontés. Nous ne savons pas ce qu’il restera de la recherche publique française en 2025. Serons-nous dépendants, pour résoudre les défis nouveaux auxquels notre pays et le monde seront confrontés, de la recherche financée par les grandes entreprises privées ? Voulons-nous vraiment confier notre avenir et celui de nos enfants à Google, à Microsoft ou à BlackRock ?

 

Il est temps de reprendre la main. 

 

Notre pays a les moyens d’agir contre la crise climatique, de former sa jeunesse à un haut niveau, d’offrir à toutes et tous un emploi de qualité puis une retraite en bonne santé. Nos richesses, notre créativité, si elles n’étaient pas détournées au profit d’une petite caste, nous permettraient de développer les services publics, de les renforcer, de lutter contre les inégalités et d’inventer des solidarités nouvelles : bref, de reconstruire l’avenir qu’on cherche à nous voler.

 

Dans chaque domaine de ce qui fait notre société, nos travaux dégagent des alternatives : économie, démocratie, vie sociale, travail, retraite, santé, recherche, éducation, culture, loisirs, etc. Nous voulons contribuer à ouvrir une autre voie.

 

En 1944, dans un pays saccagé par des années d’occupation, pillé, ruiné, des hommes et des femmes ont su s’unir dans leurs différences pour inventer ensemble un avenir pour la France. Ils et elles ont inventé la sécurité sociale, posé le principe d'une scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans, dans une école commune, lieu d'égalité et d'émancipation; donné un nouvel élan à la recherche. 

Nous sommes face à un défi de cette ampleur. Nous défilons ensemble contre la réforme des retraites : prenons la mesure de notre force, mettons fin au pillage et au chaos tant qu’il en est encore temps. Dessinons ensemble un avenir pour nous et nos enfants.

 

 

 
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