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Appel400scientifiques

Vous pouvez trouver ci-dessous un texte publié dans le Monde (édition abonnés) du 10 décembre et dans le Guardian le 6 Décembre et reprenant une tribune signée par plus de 400 scientifiques du monde entier (voir la liste et la tribune initiale)

Certains signataires de cette lettre ont souhaité poursuivre les débats dans l'espace francophone, et pourquoi pas mener à ce sujet des débats dans différents territoires.

Si vous souhaitez connaître les suites données à cet appel, ou organiser un débat avec l'un ou l'autre des signataires francophones, merci de laisser vos coordonnées pour vous tenir au courant ou vous recontacter.

 

 

Que les décideurs politiques ouvrent le débat sur l’effondrement de la société pour que nous puissions commencer à nous y préparer

 

Nous sommes des scientifiques et universitaires de plus de 20 pays et nous appelons les décideurs politiques à s’engager ouvertement face au risque de bouleversements, voire d’effondrement, de nos sociétés. Depuis l’accord de Paris sur le climat de 2015, nous échouons à réduire nos émissions de carbone, et nous devons maintenant faire face aux conséquences.

S’il est essentiel d’agir avec courage et équité pour réduire les émissions et ré-absorber naturellement du carbone, nombreux sont les chercheurs qui considèrent désormais l’effondrement de la société au cours de ce siècle comme un scénario crédible. Les avis diffèrent sur le lieu, l’étendue, la date, la durée et la cause de ces bouleversements ; mais la manière dont les sociétés modernes exploitent les hommes et la nature est une préoccupation commune à tou.te.s.

Il faut que les décideurs politiques ouvrent le débat sur cette menace d’effondrement de la société pour que nous puissions commencer à nous y préparer et peut-être à réduire sa probabilité, sa rapidité, sa gravité et l’ampleur des dommages infligés aux plus vulnérables et à la nature.

Les armées de plusieurs pays considèrent déjà l’effondrement comme un scénario crédible. Plusieurs sondages montrent que de nombreuses personnes anticipent désormais l’effondrement de la société. Malheureusement, c’est déjà l’expérience de nombreuses communautés du Sud. Cependant, le sujet n’est pas bien traité dans les médias, et est largement absent de la société civile et de la politique.

On ne devrait pas décourager les citoyens qui se préoccupent des questions environnementales et humanitaires de débattre des risques de bouleversements ou d’effondrement de la société. Les discours mal informés sur la santé mentale et la motivation ne favorisent pas une discussion sérieuse. Ce serait trahir les milliers de militants du climat qui, en anticipant l’effondrement, trouvent une motivation supplémentaire pour demander des changements sur le climat, l’écologie et la justice sociale.

Certains d’entre nous pensent qu’une transition vers une nouvelle forme de société est possible. Elle impliquera une action déterminée pour réduire les dommages causés au climat, à la nature et aux humains, en incluant la préparation à des perturbations majeures de la vie quotidienne. Nous percevons les efforts cherchant à couper court à tout débat sur l’effondrement comme une entrave à cette possibilité de transition.

Nous avons constaté à quel point il est difficile, sur le plan émotionnel, de reconnaître les dommages infligés au quotidien, et la menace croissante qui pèse sur notre propre mode de vie. Nous connaissons également le grand sentiment de fraternité qui peut naître une fois que ce débat s’ouvre. Il est temps de s’engager ensemble dans des conversations difficiles, afin de réduire notre participation aux détériorations en cours, et d’être créatifs pour faire émerger le meilleur d’un futur chaotique.

 

Signataires 

 

Geneviève Azam, professeure émérite d’économie, université Jean-Jaurès, Toulouse ; Aurélien Barrau, professeur d’astrophysique, université Grenoble-Alpes ; Sébastien Bohler, docteur en science, éditeur en chef de Pour la science ; Dominique Bourg, professeur émérite, université de Lausanne ; Alexis Catanzaro, maître de conférences en sciences de gestion, université Jean-Monnet, Saint-Etienne ; Gauthier Chapelle, docteur en science, auteur ; Yves Cochet, ancien député et ancien ministre de l’environnement, institut Momentum université de Lausanne ; Gregory Derville, maître de conférences, université de Lille ; Marc Dufumier, professeur émérite AgroParisTech ; Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS; Pierre-Henri Gouyon, Museum national d’histoire naturelle ; Alessia Lo Porto-Lefebure, Ecole de santé publique ; Laurie Marrauld, Sciences de gestion - Santé digitale et numérique, EHESP ; Dominique Méda, professeure Paris-Dauphine ; Marie-Pierre Pierret, enseignante-chercheuse en géochimie CNRS HDR ; Emmanuel Prados, chercheur à l’Inria (Grenoble) ; Olivier de Schutter, professeur de droit à l’UCL (Belgique), rapporteur spécial des Nations unies pour l’extrême pauvreté et les droits de l’homme ; Pablo Servigne, docteur en science, auteur ; Caroline Verzat, professeure associée du département entrepreneuriat à l’ESCP Europe

 

Liste complète : http://iflas.blogspot.com/2020/12/international-scholars-warning-on.html

 

Contact : press@scholarswarning.net

Témoignages

 

Professor Jem Bendell of the University of Cumbria is one of the signatories. He explains:

Over 250 scientists and scholars have issued a warning to humanity that we need to make the increasing disruption from climate change a focus of research and policy. We come from dozens of countries and subject disciplines and perceive a resistance by the establishment to serious engagement in adapting to the increasing disruptions to food, water, health, and the economy. It is time to listen to the scholarship and try to reduce harm from societal disruption and even collapse. I believe the growing movement for Deep Adaptation to societal breakdown can be part of that agenda.

Dr Wanchat Theeranaew:

Our civilization is much more fragile than we believe. We are now entering the change of Earth System toward a new equilibrium. This alone will be extremely harmful to our civilization since all of our infrastructures were constructed based on stability.

Dr Wolfgang Knorr:

This is not a statement of preference for any particular viewpoint within the broad debate of the Climate and Ecological Emergency, but rather an expression of a wish to broaden the debate as far as possible.

Dr Gwen Fischer:

Climate disruption is happening and people’s lives are unraveling.

Dr Mark Charlesworth:

Having made clear that societal collapse cannot be dismissed in Charlesworth M and Okereke, C (2010) Policy responses to rapid climate change: An epistemological critique of dominant approaches, Global Environmental Change, 20(1), 121-129

Dr Phoebe Barnard:

We can be prepared, or caught unawares. Discussion and preparedness for a full range of possibilities is essential, especially where partial (or even temporary) societal collapse will widen existing inequalities.

Professor Ira Allen:

Failure to consciously negotiate what is, in effect, already a staggered collapse of the various systems that support humans’ current forms of life will allow those most concerned with profiting off of this ruination to succeed, further immiserating the many.

Professor John Adams:

We can no longer afford to govern through cognitive dissonance.

 

Soutiens

 

Des militant-es d’Adaptation radicale (branche francophone du Deep Adaptation Forum)

En tant qu’activistes et citoyen-ne-s nous soutenons cet appel essentiel afin de mener un dialogue responsable avec les pouvoirs publics sur la question des risques environnementaux catastrophiques. Les bouleversements futurs peuvent être anticipés quelles que soient les émotions que cela provoque en nous, à condition d’avoir confiance dans notre capacité d’intelligence collective.
Prendre soin de soi, des autres comme de la planète, c’est ce qui nous permettra de “nous préparer sans nous séparer”. Face à des tensions sociales difficilement supportables et aux bouleversements sur nos territoires, il s’agira de ne laisser personne de côté et d’inventer ensemble un nouveau contrat social.
Certains envisagent l’effondrement avec des armes et des bunkers. De notre côté, nous préférons nous enrichir par de nouvelles compétences pratiques et émotionnelles, par des habitudes de coopération et par une éthique qui sépare le nécessaire du superflu.

 

 

 

 
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